LAURENT METTRAUX
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pour orchestre, M.662 (2007)
D'après
un extrait du livre de l’Apocalypse
Commande de la Fondation Pro
Helvetia pour le Basel Sinfonietta.
Freiburg im Breisgau, Konzerthaus – Dimanche 1er juin 2008,
20h00
Frankfurt am Main, Sendesaal Hessischer Rundfunk – Dimanche 8 juin
2008, 18h00
Avec le Requiem de Verdi
(solistes : Francesca Scaini, soprano, Renée Morloc, mezzo,
Alfred Kim, ténor, Christof Fischesser, basse ; chœurs :
Camerata Vocale Freiburg, Frankfurter Kantorei)
Durée
approximative de l’œuvre : 10’15
Description de l’œuvre
Lorsque le Basel Sinfonietta
m’a contacté pour l’écriture d’une pièce pour orchestre, il a été convenu que
son thème devait être proche de celui de l’autre œuvre au programme, le Requiem
de Verdi. J’ai ainsi choisi le livre de l’Apocalypse, et c’est la figure du 4ème
Cavalier de l’Apocalypse qui a retenu mon attention :
Quand il ouvrit le quatrième
sceau, j'entendis la voix du quatrième être vivant qui disait: Viens.
Je regardai, et voici, parut un
cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le
séjour des morts l'accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la
terre, pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la maladie,
et par les bêtes sauvages de la terre.
(Apocalypse, chapitre 6, versets
7-8)
Cette composition n’est pas une
simple description de ce passage de l’Apocalypse, mais décrit également
l’atmosphère angoissante de l’arrivée de la Mort et évoque les sensations de
terreur qu’elle inspire. Pour cela, l’œuvre utilise toutes les potentialités de
l’orchestre, y compris à certains moments des sonorités étranges. La tension
dramatique est assurée par l’opposition entre, d’une part, le dynamisme de
l’action néfaste du cavalier et de son passage fulgurant, et, d’autre part,
l’attente angoissée et le statisme des images de la désolation consécutive au
passage de la Mort.
L’œuvre commence dans une
atmosphère d’expectative et de pressentiment, accentuée par des événements
sonores angoissants qui s’opposent à des moments statiques. La musique évoque
un grand sentiment d’insécurité, comme si on ne savait pas de quel côté la
catastrophe devait arriver. L’atmosphère se fait plus lourde, plus oppressante,
avec des à-coups semblables à des halètements. Une sonnerie de cuivres résonne
comme une première annonce solennelle de l’arrivée imminente de la mort. Une
accélération rapide et la musique se fait plus rythmique : la chevauchée
macabre surgit brusquement. Une seconde sonnerie annonce l’arrivée du Cavalier.
La violence se déchaîne à son apparition. Des accords heurtés et effrénés se
superposent à des rythmes d’une régularité implacable, comme le martèlement
d’une invincible fatalité. Après le
passage fulgurant du 4ème Cavalier, il ne reste plus qu’un paysage
exsangue et désolé, d’où s’élèvent des spasmes et soubresauts d’agonie, des
vapeurs pestilentielles et âcres. Après quelques fragments de mélodie désolée,
la musique se paralyse progressivement pour aboutir à un accord putride.
Laurent Mettraux
