LAURENT METTRAUX
Route Principale
160, CH-1791 Courtaman (Suisse)
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Présentation et enregistrement
audio
O Toi l’Au-delà de tout
- Comment T’appeler d’un autre
nom ? -
Quelle hymne peut Te chanter ?
Aucun mot ne T’exprime.
Quel esprit peut Te saisir ?
Nulle intelligence ne Te conçoit.
Seul, Tu es ineffable ;
Tout ce qui se dit est sorti de Toi.
Seul, Tu es inconnaissable ;
Tout ce qui pense est sorti de Toi.
Tous les êtres Te célèbrent,
Ceux qui parlent et ceux qui sont
muets.
Tous les êtres Te rendent hommage,
Ceux qui pensent et ceux qui ne pensent
pas.
L’universel désir, le gémissement de tous
Aspire vers Toi.
Tout ce qui existe Te prie,
Et vers Toi tout être qui sait lire Ton
univers
Fait monter un hymne de silence.
Tout ce qui demeure, demeure en Toi.
Tu es l’origine et la fin de tout être.
Tu es unique.
Tu es chacun et Tu n’es aucun.
Tu n’es pas un seul être, Tu n’es pas
l’ensemble.
Tu as tous les noms,
Comment T’appellerai-je,
Toi le seul qu’on ne peut nommer ?
Aie pitié, ô Toi, l’Au-delà de tout !
- Comment T’appeler d’un autre
nom ? -
Tu es l’oiseau qui a ouvert ses ailes
Quand la nuit je m’éveillais et
appelais.
Avec mes bras seuls j’appelais, car Ton
nom
Est comme un abîme, de mille nuits
profond.
Comment T’appeler ?
Vois se figer mes lèvres.
Tu es le commencement qui s’accomplit,
Toi qui parles des prodiges comme d’un
savoir
Et de l’homme comme d’une mélodie.
Tu es l’ombre qui doucement m’assoupit
Et chaque rêve me fait imaginer Ton
Essence.
Comment T’appeler ?
Vois se figer mes lèvres.
M’ordonnes-Tu d’interroger ?
O Pouvoir de ce qui a été créé !
Que Tu sois mâle,
Que Tu sois femelle,
O Maître de la Vie,
Qui que Tu puisses être,
Seigneur de la lumière naissante,
Où es-Tu ?
Tu peux être en haut,
Tu peux être en bas,
Ou peut-être alentour,
Avec Ton splendide trône et Ton
sceptre !
Ecoute-moi !
Du ciel immense,
Où peut-être Tu es,
Créateur du monde,
Faiseur de tous les hommes,
Seigneur de tous les seigneurs,
Tourne donc Ton regard sur moi !
Mes yeux m’abandonnent
Par désir de Te voir,
Par seul désir de Te connaître.
Puissé-je T’admirer,
Puissé-je Te connaître,
Puissé-je Te contempler,
Puissé-je Te comprendre.
Qui es-Tu ?
Où es-Tu ?
Que penses-Tu ?
Parle !
Réponds-moi !
IV. Alto solo (d’après Ibn ul-‘ Arabi et Angelus
Silesius)
Personne ne Le comprend, sauf Lui-même.
Personne ne Le connaît, sauf Lui-même…
Il se connaît par Lui-même…
Autre-que-Lui ne peut Le comprendre.
Son impénétrable voile est Son existence
même.
Et à Son voile de Lumière, nul chemin
n’y accède.
Qui ne devient pas lui-même Lumière ne
Le verra jamais de toute éternité.
Seigneur,
Mon cœur est impatient de Toi.
Je cherche Ton visage
Je cherche Ta face,
Avec Ton aide.
Ne Te détourne pas de moi.
Seigneur, je me tiens devant Toi
Comme un pauvre,
Comme un mendiant,
Comme un aveugle :
Tandis que Tu me vois,
Moi, je ne Te vois pas.
O Toi qui apportes l’eau des sources
éloignées,
Viens et désaltère-moi.
Ô Fontaine de douceur,
Viens à l’homme assoiffé au milieu du
désert,
Toi qui es secret pour celui qui sait
parler
Et ouvert à celui qui se tait.
Que vienne celui qui psalmodie
Pour Toi un hymne de silence,
Et il trouve la fontaine ;
Que vienne le fébrile, et Tu es clos.
Vois Ton suppliant qui cherche à
s’élever :
Éclaire-moi,
Étends mes ailes,
Libère-moi de mes entraves.
Puissé-je m’échapper de mon corps
Et monter jusqu’à Toi qui est la
fontaine de mon âme.
Ramène-moi à la source d’où je suis
venu.
Permets que je me fonde dans Ta
Lumière.
VI. Soli et chœur (Hymne de l’Ancienne Egypte et
Angelus Silesius)
Unique est le Très-Haut
Qui Se dérobe aux dieux et aux hommes,
Eloigné du ciel,
Absent des enfers.
Ce qu’on affirme de Lui écouter cet
extrait (fin partie VI)
Est plus contre-vérité que vérité,
Car on ne se L’imagine
Que selon les critères du créé.
Nul ne connaît Son véritable aspect,
Fausses sont les représentations
Qu’on peut S’en faire.
Dieu est un pur Non-être.
Aucun ici, aucun maintenant
ne L’effleure.
Plus tu veux Le saisir,
Plus Il devient insaisissable pour toi.
Trop mystérieux pour que Sa gloire soit
révélée,
Trop grand pour être scruté,
Trop puissant pour être connu…
On peut Le nommer de tous les
noms ;
Comme on peut par ailleurs ne Lui en
attribuer aucun.
Et celui qui le prononcerait serait
anéanti.
Comment Te célébrer,
Ô Toi l’Au-delà de tout ?
Par quel mot, sous quel nom ?
Innommable, Innommé ;
Inconnaissable, Inconnu ;
Tout ce que nous pensons cependant
T’appartient.
Tout vient de Toi,
Mais Toi, Tu ne nais pas, Tu es…
Tu restes immobile,
Caché par Ta clarté.
Tu es le centre et le début,
Tu es la fin et le but,
Tu es l’Un, et cependant divers,
Et ni divers, ni un.
Comment donc T’appeler,
Toi qui es le seul être
Dont on ne puisse parler ?
Quelle intelligence T’atteindrait,
Au delà de toute contingence,
Toi qu’on ne peut nommer,
Ni définir sans crime.
VIII. Soprano solo (Angelus Silesius)
Ce que Dieu est, nul ne le sait.
Il n’est ni lumière, ni esprit,
Ni béatitude, ni unité,
Ni ce qu’on nomme déité,
Ni sagesse, ni intelligence,
Ni amour, ni vouloir, ni bonté.
Ni chose, ni non-chose,
Ni essence, ni affect,
Il est ce que ni moi ni toi
Ni nul être ne peut éprouver
Tant que nous ne sommes pas écouter cet
extrait (fin partie VIII et partie IX)
Devenus ce qu’Il est.
IX. Ténor solo (En partie d’après des poèmes mystiques
de Toukaram)
Comment comprendre Ton mystère,
Toi qui es sans borne ?
Comment admirer Ton visage,
Toi qui es sans limite ?
Deviens tel que je puisse Te voir,
Dans toute la magnificence de Ta
splendeur.
- En deçà du septuple enfer Tu
T’étends,
Au-delà du ciel immense :
Mes yeux de moustique pourraient-ils Te
contempler ? -
Pour mon désir comblé, manifeste-Toi
alors
Sous les traits d’un bel enfant
fragile.
Tu prends le corps qu’espèrent les
Tiens, je le sais.
Jour et nuit, ma lampe allumée, je
veille.
Comme un mendiant devant la porte, je
me tiens debout et je T’implore.
Comme un poisson retiré de l’eau,
j’étouffe.
Comme un enfant perdu dans la forêt, je
Te cherche et je pleure.
Ton absence, ô mon Dieu, a transformé
le pays en désert !
Ne me laisse pas T’appeler en
vain : je n’ai aucun mérite,
Je ne possède rien, je ne réclame rien,
je ne demande qu’un don gratuit.
Mes défauts auraient-ils provoqué Ta
colère ?
O Maître du destin,
Ne laisse pas retomber sur moi le poids
écrasant de mes fautes : mes manquements innombrables, je les place entre
Tes mains aimantes.
Mon âme gît sur la route déserte, mon
cœur flambe d’impatience…
Où Te caches-Tu ?
De qui consoles-Tu les peines ?
Serait-ce la longueur du chemin
Qui retarde Ton arrivée ?
Où Te caches-Tu ?
Qui as-Tu couru secourir ?
Dors-Tu mon Dieu ?
Pourquoi garder Ta capuche de
pierre ?
Que T’arrive-t-il dans Ton ciel ?
Serais-Tu mort ?
Je suis un orphelin sans espoir !
Personne qui me protège, nul refuge.
Le monde me fait trembler,
Le monde me persécute…
Refuses-Tu de me secourir ?
Pourquoi me rends-Tu si misérable,
Plus disgracié qu’un mendiant ?
Pourquoi Ta main m’est-elle
défaillante ?
Mon cœur rougit de se dire Ton dévot !
Ah, saveur amère de ces paroles dans ma
bouche !
Les anciens sages avaient honte de
Toi :
Je ne voulais pas les croire ;
Je sais maintenant qu’ils disaient
vrai.
Je connais à présent Ta vraie
nature :
Comment ai-je pu m’aveugler à Ton
sujet !
Sans amour, sans pitié,
Mesquin, cynique, voilà comme Tu
es !
Tu dévores Tes propres enfants,
Tu les fais souffrir pour Ta propre
jouissance !
Tu acceptes la violence et l’iniquité,
Tu n’as pas crainte de punir
l’innocent !
Tu nous fais espérer en Ta bonté
Pour mieux nous tromper et nous
briser !
Ta Création est un champ
d’expérimentation
Pour torturer et supplicier Tes
créatures !
X. Chœur (Extrait d’un hymne d’Ibn ul-‘ Arabi)
Bien aimé,
Tant de fois t’ai-Je appelé,
Tu ne M’as pas entendu !
Tant de fois Me suis-Je à toi montré,
Tu ne m’as pas vu !
Tant de fois Me suis-Je fait douce
effluve,
Tu n’as pas senti !
Tant de fois Me suis-Je fait nourriture
savoureuse,
Tu n’as pas goûté !
Pourquoi ne peux-tu M’atteindre
À travers les objets que tu palpes ?
Ou Me respirer à travers les
senteurs ?
Pourquoi ne Me vois-tu pas ?
Pourquoi ne M’entends-tu pas ?
Pourquoi ?
Pourquoi ? Pourquoi ? écouter cet
extrait (fin partie X et partie XI)
XI. Soprano solo (D’après des poèmes mystiques de
Hallaj)
Quelle terre est vide de Toi
Pour qu’on s’élance à Te chercher au
ciel ?
Tu les vois qui Te regardent,
Mais aveugles ils ne T’aperçoivent pas.
Avec
l’œil du savoir, mon regard indiqua
Le pur
secret de ma méditation.
Une lueur
insaisissable apparut dans ma conscience.
Je fendis
la mer tumultueuse de ma pensée,
La
traversant comme une flèche ;
Mon cœur
s’envola avec les plumes de ma nostalgie
Vers
Celui que désormais, me questionnerait-on sur Lui,
J’indiquerai
par un symbole mais je ne nommerai pas.
Cette
compréhension gravée en mon cœur,
La vision
de mon ego s’absenta de moi
Tant que
j’oubliai mon nom…
XII. Soli et chœur (Attribué à Pushpadanta :
Shiva)
Le limité
ne saurait traduire l’Illimité,
Même la
parole sacrée
Qui a
brisé l’écran de Tes formes multiples
Te nomme
en tremblant
Et Te
déforme en T’approchant.
Qui peut
Te chanter ?
Qui peut
connaître la profusion de Ta nature ?
Qui peut
arpenter Ta demeure ?
Personne.
Quel est
celui dont la pensée,
Quel est
celui dont la parole
Ne
sombrerait dans l’erreur ?
« Quelle est Sa volonté ?
Quels
sont Ses pouvoirs ?
A-t-Il un
corps ?
De quel
étoffe le Créateur fait-Il surgir le monde ?
Et
pourquoi ? »
Enquête
chancelante et déplacée
Sur Ta
puissance insondable !
Des
hommes à l’esprit disloqué s’agitent
Et
perpétuent leurs illusions.
Gnosticisme, agnosticisme,
Monothéisme, polythéisme,
Athéisme, panthéisme,
Autant de voies qui tentent de
T’approcher…
On dit l’une idéale,
L‘autre meilleure.
Au gré de leurs dispositions,
Les hommes préfèrent
Les voies sinueuses ou droites.
XIII. Soprano solo (poème mystique de Hallaj)
C’est Toi
qui seul m’importes.
Ton
évocation ne me passionne pas :
Elle
n’est que fiction et supposition
Qui Te
cache aux regards
De ceux
qui masquent leurs perceptions par le bavardage.
XIV. Soli et chœur (Attribué à Pushpadanta :
Shiva)
Les mots voilent Ta nature.
Tu es le Soleil, Tu es la Lune, Tu es
le Vent,
Tu es le Feu,
Tu es les Eaux, Tu es le Ciel, Tu es la
Terre,
Tu es l’Ame du monde…
Ici-bas, nous ignorons Ce que Tu es,
Mais nous savons
Que Tu es Cela.
Tu es,
Ô Donneur de bénédictions,
A la fois l’Un et le Multiple !
En Toi, je salue le Très-Proche, écouter cet
extrait (fin partie XIV et partie XV)
Toi qui es Omniprésence,
Et je salue le Très-Lointain !
En Toi, je salue l’Infime,
Toi qui es Omnipotence,
Et je salue l’Immense !
En Toi, je salue l’Immémorial,
Toi qui es Omniscience,
Et je salue le Très-Jeune !
En Toi, je salue le Tout !
Je
Te salue !
1. Le dieu qu’on peut s’imaginer
N’est pas l’Essence éternelle.
Le nom qu’on lui donne
N’est pas le Nom immuable.
Sans nom
Est l’origine du ciel et de la terre.
Avec nom
Sont les multitudes d’êtres.
Le vide de l’être
Médite la racine de toute chose.
L’être
Considère ses manifestations.
Tous deux sont un,
Mais par leurs noms seuls diffèrent.
Un qui est insondable,
Secret des secrets,
Porte secrète de tous les mystères.